Que risque-t-on à tuer l'animal d'autrui ?
En bref
Tuer volontairement l'animal d'autrui (domestique, apprivoisé ou en captivité), sans nécessité, est puni de 6 mois d'emprisonnement et 7 500 euros d'amende. Des peines complémentaires sont aussi possibles.
Dernière mise à jour : · Sources : Légifrance (art. 522-1, art. 522-2)
Ce que dit la loi
Donner volontairement la mort à un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité, sans nécessité, est un délit. Peu importe que ce soit fait en public ou non. Cela concerne bien l'animal d'autrui, puisqu'il s'agit de protéger l'animal lui-même (art. 522-1).
Peine encourue :
- 6 mois d'emprisonnement
- 7 500 euros d'amende (art. 522-1)
Exceptions prévues
Cette règle ne s'applique pas :
- aux courses de taureaux, si une tradition locale ininterrompue existe,
- aux combats de coqs, dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie. (art. 522-1)
Elle ne s'applique pas non plus dans le cadre d'activités légales (par exemple, la chasse ou l'abattage réglementé).
Peines complémentaires possibles
En plus de la peine principale, la personne condamnée peut aussi se voir interdire :
- de détenir un animal (à titre définitif ou temporaire),
- d'exercer une activité professionnelle ou sociale pendant 5 ans maximum, si cette activité a servi à préparer ou commettre l'infraction.
Cette interdiction ne s'applique pas à un mandat électif ou à des responsabilités syndicales (art. 522-2).
Bon à savoir
Si l'animal appartient à quelqu'un d'autre, le propriétaire peut aussi engager une action civile pour obtenir réparation du préjudice subi (perte de l'animal, préjudice moral, etc.). Ce point n'est pas couvert par les articles fournis : il est conseillé de consulter un avocat pour envisager cette démarche.
Si les faits sont graves ou complexes (récidive, cruauté avérée, doute sur la qualification juridique), il est recommandé de se rapprocher d'un avocat ou de déposer plainte auprès de la gendarmerie ou de la police.
Sources
Articles de loi cités
Code pénal
Article 522-1
Le fait, sans nécessité, publiquement ou non, de donner volontairement la mort à un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité, hors du cadre d'activités légales, est puni de six mois d'emprisonnement et de 7 500 euros d'amende. Le présent article n'est pas applicable aux courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Il n'est pas non plus applicable aux combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie.
Code pénal
Article 522-2
Les personnes physiques coupables de l'infraction prévue à l'article 522-1 encourent également les peines complémentaires d'interdiction, à titre définitif ou non, de détenir un animal et d'exercer, pour une durée de cinq ans au plus, une activité professionnelle ou sociale dès lors que les facilités que procure cette activité ont été sciemment utilisées pour préparer ou commettre l'infraction. Cette interdiction n'est toutefois pas applicable à l'exercice d'un mandat électif ou de responsabilités syndicales.
→Continuer
À lire aussi
- Maltraitance animaleQuelle peine pour l'abandon d'un animal ?Abandonner un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité est puni comme les sévices graves ou actes de cruauté : jusqu'à 3 ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende (art. 521-1).Lire la réponse
- Maltraitance animaleUn animal est-il considéré comme un objet par la loi ?Non. La loi française reconnaît que les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité, mais ils restent en principe soumis au régime juridique des biens, sauf lois spécifiques de protection.Lire la réponse
- Maltraitance animaleComment signaler un animal maltraité chez un voisin ?Un animal maltraité chez un voisin peut être signalé à la gendarmerie, à la police ou au procureur de la République. Les mauvais traitements envers les animaux sont interdits et punis par la loi.Lire la réponse
Poser une autre question
Information générale, pas un conseil juridique.