La mairie peut-elle retirer un permis déjà accordé ?

En bref

Oui, mais seulement si le permis est illégal et dans un délai de trois mois après la décision. Passé ce délai, le retrait n'est possible qu'à la demande du bénéficiaire.

Dernière mise à jour : · Sources : Légifrance (art. L424-5, art. A424-8)

Le retrait d'un permis de construire

La mairie (ou l'autorité compétente) peut retirer un permis de construire, un permis d'aménager ou une décision de non-opposition à déclaration préalable, mais sous des conditions strictes.

Deux conditions doivent être réunies :

  • Le permis doit être illégal (art. L424-5).
  • Le retrait doit intervenir dans un délai de trois mois suivant la date de la décision (art. L424-5).

Passé ce délai de trois mois, le permis ne peut plus être retiré par l'administration de sa propre initiative. Il ne peut l'être que sur demande expresse du bénéficiaire lui-même (art. L424-5).

Une garantie procédurale pour le bénéficiaire

Si la mairie envisage de retirer le permis pour illégalité dans ce délai de trois mois, elle doit :

  • informer préalablement le bénéficiaire du permis de son intention,
  • lui permettre de répondre à ses observations avant toute décision de retrait (art. A424-8).

En résumé

  • Retrait possible seulement si illégalité + dans les 3 mois.
  • Après 3 mois : retrait impossible sauf si le bénéficiaire le demande lui-même.
  • Le bénéficiaire doit être informé et entendu avant un retrait.

Si vous êtes concerné par une procédure de retrait, il est conseillé de vous rapprocher du service urbanisme de la mairie pour connaître les motifs invoqués, et éventuellement de consulter un avocat en droit de l'urbanisme pour contester ce retrait si vous l'estimez infondé.

Sources

Articles de loi cités

  • Code de l'urbanisme

    Article L424-5

    La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire. La délivrance antérieure d'une autorisation d'urbanisme sur un terrain donné ne fait pas obstacle au dépôt par le même bénéficiaire de ladite autorisation d'une nouvelle demande d'autorisation visant le même terrain. Le dépôt de cette nouvelle demande d'autorisation ne nécessite pas d'obtenir le retrait de l'autorisation précédemment délivrée et n'emporte pas retrait implicite de cette dernière.

  • Code de l'urbanisme

    Article A424-8

    Lorsque l'arrêté accorde le permis, il est complété par les informations suivantes : Durée de validité du permis : Conformément à l'article R. 424-17 du code de l'urbanisme, le permis est périmé si les travaux ne sont pas entrepris dans le délai de trois ans à compter de sa notification au bénéficiaire. Il en est de même si, passé ce délai, les travaux sont interrompus pendant un délai supérieur à une année. En cas de recours contre le permis le délai de validité est suspendu jusqu'au prononcé d'une décision juridictionnelle irrévocable. Il en va de même, en cas de recours contre une décision prévue par une législation connexe donnant lieu à une réalisation différée des travaux dans l'attente de son obtention. Le bénéficiaire du permis peut commencer les travaux après avoir : - adressé au maire, en trois exemplaires, une déclaration d'ouverture de chantier (le modèle de déclaration Cerfa n° 13407 est disponible à la mairie ou sur le site internet urbanisme du Gouvernement) ; - installé sur le terrain, pendant toute la durée du chantier, un panneau visible de la voie publique décrivant le projet. Le modèle de panneau, conforme aux prescriptions des articles A. 424-15 à A. 424-19, est disponible à la mairie, sur le site internet urbanisme du Gouvernement ainsi que dans la plupart des magasins de matériaux. Attention : le permis n'est définitif qu'en l'absence de recours ou de retrait : - dans le délai de deux mois à compter de son affichage sur le terrain, sa légalité peut être contestée par un tiers. Dans ce cas, l'auteur du recours est tenu d'en informer le bénéficiaire du permis au plus tard quinze jours après le dépôt du recours ; - dans le délai de trois mois après la date du permis, l'autorité compétente peut le retirer, si elle l'estime illégal. Elle est tenue d'en informer préalablement le bénéficiaire du permis et de lui permettre de répondre à ses observations. Le permis est délivré sous réserve du droit des tiers : il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme. Il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme.

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