Ai-je le droit de sous-louer mon appartement ?

En bref

Oui, mais uniquement si votre propriétaire vous donne son accord écrit, y compris sur le montant du loyer demandé au sous-locataire.

Dernière mise à jour : · Sources : Légifrance (art. 8, art. L442-8)

Sous-louer son appartement : ce qu'il faut savoir

En principe, un locataire ne peut pas librement céder ou sous-louer son logement. C'est possible seulement sous conditions strictes (art. 8).

Les conditions à respecter

  • Accord écrit du bailleur obligatoire, y compris sur le prix du loyer de la sous-location (art. 8).
  • Le loyer au m² demandé au sous-locataire ne peut pas être supérieur à celui que vous payez vous-même en tant que locataire principal (art. 8).
  • Vous devez transmettre au sous-locataire l'autorisation écrite du bailleur ainsi qu'une copie de votre bail en cours (art. 8).

Ce qu'il faut savoir sur les risques

  • Si votre propre contrat de location prend fin, le sous-locataire ne pourra faire valoir aucun droit envers le bailleur, ni réclamer un titre d'occupation (art. 8).
  • La loi qui protège habituellement les locataires (loi du 6 juillet 1989) ne s'applique pas au contrat de sous-location que vous signez avec votre sous-locataire (art. 8).

Cas particulier : logement social (HLM)

Si votre logement est un logement social (HLM) financé par certains crédits spécifiques, la sous-location est en principe interdite, sous peine d'amende, sauf exceptions très encadrées (par exemple pour un logement intermédiaire loué à une entreprise qui sous-loue à ses salariés) (art. L442-8). Si vous êtes dans ce cas, il est important de vérifier votre situation exacte.

En pratique

  • Sans accord écrit du bailleur, la sous-location n'est pas autorisée. Une sous-location sans autorisation expose à des risques (résiliation du bail, litige avec le sous-locataire).
  • Écrivez à votre propriétaire pour lui demander son accord écrit, en précisant le montant de loyer envisagé.

💡 Conseil : si vous êtes locataire d'un logement social ou d'un logement conventionné, ou si votre bailleur refuse, il est recommandé de contacter une ADIL (Agence départementale d'information sur le logement) ou un avocat pour vérifier votre situation précise.

Sources

Articles de loi cités

  • Loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (baux d'habitation)

    Article 8

    Le locataire ne peut ni céder le contrat de location, ni sous-louer le logement sauf avec l'accord écrit du bailleur, y compris sur le prix du loyer. Le prix du loyer au mètre carré de surface habitable des locaux sous-loués ne peut excéder celui payé par le locataire principal. Le locataire transmet au sous-locataire l'autorisation écrite du bailleur et la copie du bail en cours. En cas de cessation du contrat principal, le sous-locataire ne peut se prévaloir d'aucun droit à l'encontre du bailleur ni d'aucun titre d'occupation. Les autres dispositions de la présente loi ne sont pas applicables au contrat de sous-location.

  • Code de la construction et de l'habitation

    Article L442-8

    Dans tous les immeubles destinés à la location et financés au moyen de crédits prévus par le livre III, il est interdit de louer en meublé ou de sous-louer un logement, meublé ou non, sous quelque forme que ce soit, sous peine d'une amende de 9 000 €. Le premier alinéa n'est pas applicable aux logements-foyers mentionnés à l'article L. 633-1. Par dérogation au premier alinéa du présent article, les organismes mentionnés à l'article L. 411-2 peuvent louer, meublés ou non, des logements intermédiaires au sens de l'article L. 302-16 à des personnes morales de droit public ou privé en vue d'une sous-location à leurs agents ou salariés. Les conditions relatives au niveau de ressources prévues au 2° du même article L. 302-16 et les conditions relatives au loyer prévues au 3° dudit article L. 302-16 sont applicables aux contrats de sous-location.

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