Peut-on être licenciée quand on est enceinte ?

En bref

Non, sauf exception : une salariée enceinte est protégée contre le licenciement pendant sa grossesse, son congé maternité et les 10 semaines suivant son retour, sauf faute grave sans lien avec la grossesse ou impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la grossesse.

Dernière mise à jour : · Sources : Légifrance (art. L1225-4, art. L1225-5)

La règle générale : une protection forte

Quand une salariée est enceinte (grossesse médicalement constatée), l'employeur ne peut pas rompre son contrat de travail :

  • pendant toute la grossesse,
  • pendant le congé maternité (qu'elle le prenne ou non),
  • pendant les congés payés pris juste après le congé maternité,
  • et pendant les dix semaines suivant la fin de ces périodes (art. L1225-4).

Les exceptions possibles

L'employeur peut quand même licencier dans deux cas seulement :

  • une faute grave de la salariée, à condition qu'elle n'ait aucun lien avec la grossesse,
  • une impossibilité de maintenir le contrat pour un motif totalement étranger à la grossesse ou à l'accouchement (par exemple une fermeture d'entreprise) (art. L1225-4).

Même dans ces cas, la rupture ne peut pas prendre effet, ni être notifiée, pendant les périodes protégées citées plus haut (art. L1225-4).

Si le licenciement a lieu avant que l'employeur sache la grossesse

Si une salariée est licenciée sans que l'employeur soit informé de sa grossesse, elle peut faire annuler ce licenciement. Il faut envoyer à l'employeur, dans les 15 jours suivant la notification du licenciement, un certificat médical prouvant qu'elle est enceinte (art. L1225-5).

Attention : cette annulation ne fonctionne pas si le licenciement a été prononcé pour une faute grave sans lien avec la grossesse, ou pour une impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la grossesse (art. L1225-5).

En résumé

  • En principe : licenciement interdit pendant la grossesse et les périodes qui suivent.
  • Exception : faute grave sans lien avec la grossesse, ou motif totalement étranger à la grossesse rendant le contrat impossible à maintenir.
  • Si le licenciement intervient sans que l'employeur soit au courant de la grossesse, il est possible de le faire annuler en envoyant un certificat médical rapidement.

Conseil

Si vous êtes dans cette situation, il est conseillé de contacter rapidement l'inspection du travail ou un avocat spécialisé en droit du travail pour vérifier si votre licenciement est régulier et pour respecter les délais (notamment les 15 jours pour l'envoi du certificat médical).

Sources

Articles de loi cités

  • Code du travail

    Article L1225-4

    Aucun employeur ne peut rompre le contrat de travail d'une salariée lorsqu'elle est en état de grossesse médicalement constaté, pendant l'intégralité des périodes de suspension du contrat de travail auxquelles elle a droit au titre du congé de maternité, qu'elle use ou non de ce droit, et au titre des congés payés pris immédiatement après le congé de maternité ainsi que pendant les dix semaines suivant l'expiration de ces périodes. Toutefois, l'employeur peut rompre le contrat s'il justifie d'une faute grave de l'intéressée, non liée à l'état de grossesse, ou de son impossibilité de maintenir ce contrat pour un motif étranger à la grossesse ou à l'accouchement. Dans ce cas, la rupture du contrat de travail ne peut prendre effet ou être notifiée pendant les périodes de suspension du contrat de travail mentionnées au premier alinéa.

  • Code du travail

    Article L1225-5

    Le licenciement d'une salariée est annulé lorsque, dans un délai de quinze jours à compter de sa notification, l'intéressée envoie à son employeur, dans des conditions déterminées par voie réglementaire, un certificat médical justifiant qu'elle est enceinte. Ces dispositions ne s'appliquent pas lorsque le licenciement est prononcé pour une faute grave non liée à l'état de grossesse ou par impossibilité de maintenir le contrat pour un motif étranger à la grossesse ou à l'accouchement.

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