Peut-on me licencier pendant un arrêt maladie ?

En bref

En principe, un arrêt maladie ne protège pas automatiquement contre un licenciement, mais les règles sont différentes selon que la maladie est d'origine professionnelle (accident du travail, maladie professionnelle) ou non.

Dernière mise à jour : · Sources : Légifrance (art. L1226-7, art. L1226-9, art. L1226-8, art. L1226-18, art. L1226-19, art. L1132-1)

La réponse dépend du type d'arrêt maladie

Les articles fournis ne concernent que les arrêts liés à un accident du travail ou une maladie professionnelle. Pour un arrêt maladie « classique » (non professionnel), je n'ai pas d'article à vous citer : il faudrait vérifier votre convention collective ou consulter un professionnel.

Si votre arrêt est lié à un accident du travail ou une maladie professionnelle

  • Votre contrat de travail est suspendu pendant la durée de l'arrêt (art. L1226-7).
  • Pendant cette suspension, l'employeur ne peut pas vous licencier, sauf dans deux cas précis :
    • une faute grave de votre part,
    • ou une impossibilité de maintenir le contrat pour un motif qui n'a rien à voir avec l'accident ou la maladie (art. L1226-9).
  • Si vous êtes en CDI, à la fin de votre arrêt, vous devez retrouver votre poste ou un poste similaire, avec un salaire au moins équivalent (art. L1226-8).
  • Si vous êtes en CDD, l'employeur ne peut rompre le contrat pendant l'arrêt que pour faute grave ou cas de force majeure (art. L1226-18). L'arrêt ne repousse pas la date de fin du CDD (art. L1226-19).

Dans tous les cas, la discrimination est interdite

Quel que soit le type d'arrêt, un licenciement fondé sur votre état de santé est interdit : c'est une discrimination (art. L1132-1).

Ce qu'il faut vérifier

  • Si votre maladie n'est pas liée au travail, les règles ci-dessus sur la suspension protégée ne s'appliquent pas directement. Il existe d'autres règles générales sur le licenciement pendant maladie, mais elles ne figurent pas dans les articles fournis.
  • Un licenciement peut rester possible pour un motif réel et sérieux non lié à la maladie (par exemple une réorganisation ou une désorganisation de l'entreprise), mais cela dépend fortement des faits.

Conseil

Si vous recevez une lettre de licenciement pendant un arrêt maladie, ne restez pas seul face à cette situation :

  • contactez l'inspection du travail,
  • ou consultez un avocat en droit du travail pour vérifier si le licenciement est justifié et légal dans votre cas précis.

Sources

Articles de loi cités

  • Code du travail

    Article L1226-7

    Le contrat de travail du salarié victime d'un accident du travail, autre qu'un accident de trajet, ou d'une maladie professionnelle est suspendu pendant la durée de l'arrêt de travail provoqué par l'accident ou la maladie. Le contrat de travail est également suspendu pendant le délai d'attente et la durée du stage de réadaptation, de rééducation ou de formation professionnelle que doit suivre l'intéressé, conformément à l'avis de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles. Le salarié bénéficie d'une priorité en matière d'accès aux actions de formation professionnelle. Le contrat de travail est également suspendu pendant les périodes au cours desquelles le salarié suit les actions mentionnées à l'article L. 323-3-1 du code de la sécurité sociale dans les conditions prévues à ce même article, en application du cinquième alinéa de l'article L. 433-1 du même code. La durée des périodes de suspension est prise en compte pour la détermination de tous les avantages légaux ou conventionnels liés à l'ancienneté dans l'entreprise.

  • Code du travail

    Article L1226-9

    Au cours des périodes de suspension du contrat de travail, l'employeur ne peut rompre ce dernier que s'il justifie soit d'une faute grave de l'intéressé, soit de son impossibilité de maintenir ce contrat pour un motif étranger à l'accident ou à la maladie.

  • Code du travail

    Article L1226-8

    A l'issue des périodes de suspension définies à l'article L. 1226-7, le salarié retrouve son emploi ou un emploi similaire assorti d'une rémunération au moins équivalente, sauf dans les situations mentionnées à l'article L. 1226-10. Les conséquences de l'accident ou de la maladie professionnelle ne peuvent entraîner pour l'intéressé aucun retard de promotion ou d'avancement au sein de l'entreprise.

  • Code du travail

    Article L1226-18

    Lorsque le salarié victime d'un accident ou d'une maladie professionnelle est titulaire d'un contrat de travail à durée déterminée, l'employeur ne peut rompre le contrat au cours des périodes de suspension du contrat que s'il justifie soit d'une faute grave de l'intéressé, soit d'un cas de force majeure.

  • Code du travail

    Article L1226-19

    Les périodes de suspension du contrat de travail consécutives à un accident du travail ou à une maladie professionnelle ne font pas obstacle à l'échéance du contrat de travail à durée déterminée. Toutefois, lorsque ce contrat comporte une clause de renouvellement, l'employeur ne peut, au cours des périodes de suspension, refuser le renouvellement que s'il justifie d'un motif réel et sérieux, étranger à l'accident ou à la maladie. A défaut, il verse au salarié une indemnité correspondant au préjudice subi, qui ne peut être inférieure au montant des salaires et avantages que le salarié aurait reçus jusqu'au terme de la période de renouvellement prévue au contrat.

  • Code du travail

    Article L1132-1

    Aucune personne ne peut être écartée d'une procédure de recrutement ou de nomination ou de l'accès à un stage ou à une période de formation en entreprise, aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l'objet d'une mesure discriminatoire, directe ou indirecte, telle que définie à l'article 1er de la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations, notamment en matière de rémunération, au sens de l'article L. 3221-3, de mesures d'intéressement ou de distribution d'actions, de formation, de reclassement, d'affectation, de qualification, de classification, de promotion professionnelle, d'horaires de travail, d'évaluation de la performance, de mutation ou de renouvellement de contrat en raison de son origine, de son sexe, de ses mœurs, de son orientation sexuelle, de son identité de genre, de son âge, de sa situation de famille ou de sa grossesse, de ses caractéristiques génétiques, de la particulière vulnérabilité résultant de sa situation économique, apparente ou connue de son auteur, de son appartenance ou de sa non-appartenance, vraie ou supposée, à une ethnie, une nation ou une prétendue race, de ses opinions politiques, de ses activités syndicales ou mutualistes, de son exercice d'un mandat électif, de ses convictions religieuses, de son apparence physique, de son nom de famille, de son lieu de résidence ou de sa domiciliation bancaire, ou en raison de son état de santé, de sa perte d'autonomie ou de son handicap, de sa capacité à s'exprimer dans une langue autre que le français, de sa qualité de lanceur d'alerte, de facilitateur ou de personne en lien avec un lanceur d'alerte, au sens, respectivement, du I de l'article 6 et des 1° et 2° de l'article 6-1 de la loi n° 2016-1691 du 9 décembre 2016 relative à la transparence, à la lutte contre la corruption et à la modernisation de la vie économique.

Continuer

Poser une autre question

Information générale, pas un conseil juridique.