Mon concubin hérite-t-il de moi ?

En bref

Non, en principe. Les articles fournis ne mentionnent pas les concubins parmi les héritiers légaux : ils ne s'appliquent qu'aux parents (enfants, père et mère, frères et sœurs, etc.) et, en matière testamentaire, aux personnes désignées dans un testament.

Dernière mise à jour : · Sources : Légifrance (art. 734, art. 1002, art. 1004, art. 1011)

Le concubin n'est pas un héritier légal

Selon les articles fournis, en l'absence de conjoint successible, ce sont les parents qui héritent, selon un ordre précis :

  1. Les enfants et leurs descendants ;
  2. Les père et mère, les frères et sœurs et leurs descendants ;
  3. Les autres ascendants ;
  4. Les autres collatéraux (art. 734).

Le concubin n'apparaît dans aucune de ces catégories. Cela signifie que, sans testament, le concubin n'hérite pas automatiquement de son partenaire, contrairement à un conjoint marié.

Comment faire hériter son concubin ?

Pour transmettre des biens à un concubin, il faut passer par un testament. Les dispositions testamentaires peuvent être :

  • universelles,
  • à titre universel,
  • à titre particulier (art. 1002).

Attention cependant : si le défunt a des héritiers dits "réservataires" (par exemple des enfants), ces derniers sont automatiquement propriétaires d'une partie des biens dès le décès (art. 1004). Le concubin désigné comme légataire universel devra alors leur demander la remise des biens prévus dans le testament (art. 1004). Il en va de même si le concubin est désigné comme légataire à titre universel : il devra demander la délivrance de son legs aux héritiers réservataires, ou à défaut aux légataires universels, ou à défaut aux héritiers légaux (art. 1011).

Points importants

  • Rien dans les articles fournis n'indique de règles spécifiques au Pacte civil de solidarité (PACS). Si vous êtes pacsé(e), le régime peut être différent : il est conseillé de vérifier ce point avec un notaire.
  • Les articles fournis ne précisent pas non plus le calcul exact de la réserve héréditaire (part réservée aux héritiers comme les enfants) ni les droits de succession applicables au concubin, qui sont souvent plus élevés que pour un conjoint ou un enfant.

Notre conseil

Pour protéger votre concubin, il est fortement recommandé de :

  • rédiger un testament,
  • consulter un notaire pour organiser la transmission de vos biens de façon sécurisée et adaptée à votre situation (enfants, biens immobiliers, fiscalité).

Un notaire pourra aussi vous expliquer les conséquences fiscales, qui ne sont pas traitées dans les articles fournis ici.

Sources

Articles de loi cités

  • Code civil

    Article 734

    En l'absence de conjoint successible, les parents sont appelés à succéder ainsi qu'il suit : 1° Les enfants et leurs descendants ; 2° Les père et mère ; les frères et soeurs et les descendants de ces derniers ; 3° Les ascendants autres que les père et mère ; 4° Les collatéraux autres que les frères et soeurs et les descendants de ces derniers. Chacune de ces quatre catégories constitue un ordre d'héritiers qui exclut les suivants.

  • Code civil

    Article 1002

    Les dispositions testamentaires sont ou universelles, ou à titre universel, ou à titre particulier. Chacune de ces dispositions, soit qu'elle ait été faite sous la dénomination d'institution d'héritier, soit qu'elle ait été faite sous la dénomination de legs, produira son effet suivant les règles ci-après établies pour les legs universels, pour les legs à titre universel, et pour les legs particuliers.

  • Code civil

    Article 1004

    Lorsqu'au décès du testateur il y a des héritiers auxquels une quotité de ses biens est réservée par la loi, ces héritiers sont saisis de plein droit, par sa mort, de tous les biens de la succession ; et le légataire universel est tenu de leur demander la délivrance des biens compris dans le testament.

  • Code civil

    Article 1011

    Les légataires à titre universel seront tenus de demander la délivrance aux héritiers auxquels une quotité des biens est réservée par la loi ; à leur défaut, aux légataires universels et, à défaut de ceux-ci, aux héritiers appelés dans l'ordre établi au titre " Des successions ".

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Information générale, pas un conseil juridique.